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Catéchèse et signes

Le rapport entre la catéchèse et les signes

« Catéchèse et signes » in Colloque sur la catéchèse, C. de l’Ep. et de la Croix 19 mai 2007.


Catéchèse et signes
 

Introduction 

Cet intitulé pourrait laisser entendre que je m’apprête à traiter du rapport entre la catéchèse et les signes liturgiques, particulièrement les sacrements de l’initiation chrétienne –ce qui, on s’en doute, présente un intérêt primordial. Mais les signes dont je parlerai cet après-midi sont ces « césures » qui interviennent dans l’histoire des croyants et qu’ils interprètent comme des faits par lesquels Dieu les interpelle. J’ai préféré utiliser d’abord le mot « césure » pour éviter d’avoir à élucider le mot de « miracle » devenu ambigu suite à la définition qu’il a reçue au XIXe siècle « d’exception aux lois de la nature » (cf. Bureau médical de Lourdes). J’aurais, tout aussi bien, pu parler de « prodiges » (teras) pour reprendre le vocabulaire du Nouveau Testament.
A la vérité, ce sont ces deux derniers sens que je donnerai au mot « miracles » : des signes qui sont « césures-prodiges ».  Ils sont présents du début à la fin de l’Ecriture sainte et du début de l’histoire de l’Eglise jusqu’à ce jour ; le cas médiatisé de Sr Marie Simon-Pierre l’atteste. Et on peut conjecturer sans pendre de gros risques qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps.
S. Irénée est témoin de la permanence des charismes de prophétie et de guérisons[1] au IIe siècle. S. Augustin avait commencé à recenser les prodiges opérés sur les tombeaux des martyrs. Il dû y renoncer tant les témoignages étaient nombreux. D’une manière générale, autour de nombreux saints les prodiges se multipliaient. Ce fut notamment le cas de Grégoire le thaumaturge, au IIIe siècle, qui est passé à la postérité pour ses « charismes de guérisons » 1. Le Moyen Âge ne fut pas en reste toujours avec les saints, mais aussi avec ce qu’il est convenu d’appeler les « miracles eucharistiques ». Bientôt les sanctuaires de la Vierge Marie deviendront également des lieux propices en prodiges de toutes sortes. Et, depuis quarante ans, le Renouveau Charismatique a reconduit à mon sens la problématique néotestamentaire des signes et prodiges, mais ce n’est pas notre propos.
Avant d’énoncer ma thèse qui indiquera le rapport que je vois entre catéchèse et les signes tels que les ai définis, il me paraît opportun de tracer, à gros traits, l’histoire philosophico-théologique des rapports entre le surnaturel et la nature depuis le XVIIe siècle.
 
Petit excursus historique

Quand au XVIIe siècle, Baius, Jansénius et Quesnel reprennent l’affirmation augustinienne de la corruption de la nature concrète de l’homme devenu incapable de résister à l’attrait du mal, suite au péché originel, ils le comprennent comme une corruption de la nature au sens général du terme (au sens métaphysique et non plus existentiel)[2]. Du coup, la nature, au sens d’« essence », devait être restauré par la grâce. Comprenons bien qu’il ne s’agit plus que la grâce, comme dans la vision de S. Augustin, restaure, ré-harmonise tel ou tel individu plongé dans le désordre de ses passions (car affaibli dans son vouloir et brouillé dans son intelligence, suite au péché originel) et le rende à lui-même en le rétablissant dans la communion avec Dieu par le Christ dans l’Esprit[3]. Mais il s’agit, pour ces auteurs, que la grâce restaure l’essence même de la nature humaine (et à travers elle de l’ensemble de l’ordre naturel) endommagée par le péché. Cette position fut officiellement condamnée, car elle avait pour inconvénient majeur de faire de la grâce un élément nécessaire à de la nature et tant que telle et, par suite, de la « naturaliser »[4]. Les théologiens, scolastiques de la période baroque, en réaction, mirent au point le concept de « nature pure », pour dire que la nature avait son ordre propre et sa fin propre « à laquelle une grâce extrinsèque venait ‘s’ajouter’ à la manière d’un étage supplémentaire »[5]. « C’est sur cet arrière-plan, dit Eva-Maria Faber, que viendra se situer l’optimisme des lumières (et la surévaluation des pouvoirs de la nature) et les processus de la sécularisation (occupés à débarrasser le monde profane d’une grâce désormais dépourvue de signification pour l’existence naturelle de l’homme). »[6] Parmi ces processus, il y a l’avènement des sciences expérimentales dont une dérive sera le positivisme (on ne tient pour vrai que ce que les sens peuvent atteindre ou tout au moins des instruments qui prolongent les sens). Il y a aussi la critique généalogique des « Maîtres du soupçon » (Marx, Nietzsche et Freud[7]) et les sciences de l’homme qui dans leurs développements ultimes vont jusqu'à nier un ordre proprement spirituel chez l’homme – lequel ne serait plus que le jouet de différents systèmes, sociologiques, psychologiques, économiques, symbolique[8], etc.
Eva-Maria Faber a raison de dire qu’il y a plusieurs processus de sécularisation. La théologie fournissant elle-même la toile de fond à ces processus, ainsi que nous l’avons dit, avec la malencontreuse distinction scholastique[9] entre une « nature pure » et une surnature qui sont hétérogènes l’un à l’autre comme l’eau et l’huile. Mais, et c’est assez surprenant, en tout cas pour moi, on vit naître, au sein même de l’Eglise des militants de la sécularisation. Je crois qu’on ne peut pas nier qu’un nombre non négligeable de membres du clergé interprétèrent le Concile dans ce sens ; le Père de Lubac parle de tenants du « paraconcile »[10] voire d’un « anticoncile »[11].
Selon eux, le deuxième Concile du Vatican a fait sortir l’Eglise de « vingt siècles d’enfance »[12]. Il faut, à leur décharge, se souvenir du contexte critique : la religion chrétienne était accusée par Marx et Nietzsche et d’enfermer les gens dans un « arrière-monde »[13] (le monde de la grâce) et de les démobiliser par rapport au monde concret dans lequel ils vivent. D’autre part, l’avènement des sciences expérimentales a donné lieu à une démarche critique de la pensée et des processus de connaissance. On avait pour présupposé notamment que seules des données perceptibles par les sens ou par des instruments prolongeant les sens pouvaient être une base sérieuse de réflexion. C’est dans cette ligne « scientifique » que s’inscriront les célèbres travaux herméneutiques de Rudolf Bultmann cherchant à « démythiser » la Bible. Il s’agissait, pour lui et son école, de sortir d’une lecture naïve et non critique des Ecritures, y compris des textes des quatre évangiles et des Actes des Apôtres. Ce qu’il est convenu d’appeler les « miracles » de Jésus sera considéré comme un genre littéraire destiné à exprimer des vérités profondes dans un langage imagé, mais qu’il ne faudrait pas avoir la naïveté de prendre pour argent comptant en s’imaginant que les choses se sont réellement passées comme telles. En fait, à mon sens, il s’agissait dans sa perspective de « sauver » le texte, d’éviter qu’il perde tout crédit  –et, du coup, que le christianisme lui-même soit discrédité – en situant son opérativité à un autre niveau que celui de la lettre.
Au terme de la réflexion de ce courant théologique sécularisant, la religion chrétienne devait se débarrasser du « Dieu-pour », c’est-à-dire du Dieu dont on a recours pour palier nos insuffisances et parfois notre manque d’engagement sur le terrain social et politique (ce sont les fameuses théologies de la mort de Dieu des années 70). Il s’agissait également de s’affranchir des « fantasmagories d’une prétendue vie intérieure »[14], d’arrêter ces prières de demande, propre aux primitifs ou aux sous-développés, qui supplient la divinité pour des choses matérielles, pour la santé du corps ou pour être délivrés de démons. Dans le monde européen des années 70, avec le développement de l’agriculture intensive et les perspectives d’abondance, avec l’amélioration des conditions de vie et les progrès considérables de la médecine et des sciences psychologiques et psychiatriques, on n’en est plus là. Il y a des agriculteurs, des médecins et des psychiatres pour exaucer ce genre de prière ! Quant à la prière contemplative, elle ne pouvait plus être interprétée que comme une évasion des réalités, témoin le slogan : « l’action c’est la prière ». La foi chrétienne devait s’achever, s’accomplir dans l’éthique et le politique afin de bâtir un monde meilleur, un monde de partage avec les plus pauvres, en un mot, le Royaume. Les théologiens de la libération sont tout à fait dans cette logique quand ils considèrent le message chrétien comme une utopie mobilisatrice.
Quand survient un prodige déroutant, beaucoup dans le clergé sont gênés. Tout récemment, la guérison miraculeuse de Sœur Marie Simon-Pierre, dont j’ai fait allusion plus haut, fut très agaçante pour certains, et j’en suis témoin : « Je ne comprends pas que l’évêque d’Aix-en-Provence ait versé dans quelque chose comme cela, me disait un prêtre (universitaire éminent) pas au XXIe siècle ! On pourrait trouver autre chose, continuait-il, pour valoriser le christianisme ! »
Les signes miraculeux dérangent parce qu’ils ne cadrent plus avec la pensée dominante, qui se veut critique et qui considère que le monde de la grâce n’a pas à interférer avec le monde naturel comme je l’ai montré plus haut. Chacun à ses affaires et les vaches seront bien gardées… Du coup, quand les sciences avouent leur incapacité à expliquer un phénomène religieux « miraculeux », on cherche (au sein même de l’Eglise) des explications d’ordre parapsychologique ou paranormal. Tout est bon pourvu que l’on puisse exclure la solution de l’intervention divine et rester dans une explication qui ne sorte pas de la sphère de la nature.
Dieu merci, la théologie contemporaine va faire avancer la problématique. Déjà R. Guardini, Scheeben, puis K. Rahner vont refuser l’idée de la « nature pure » et d’un surnaturel qui lui soit étranger, mais c’est surtout le Père De Lubac (s’appuyant sur le philosophe catholique Blondel et revenant, finalement, à la position de St Thomas) qui a montré que la grâce n’était pas quelque chose d’extrinsèque à la nature humaine, mais que celle-ci était naturellement orientée vers la grâce (sans pouvoir l’atteindre par elle-même, il est vrai) et que, par ailleurs, la grâce ne se superposait pas à elle comme un étage sur un autre, mais se situait à l’intérieur d’elle comme une puissance de transformation. Cela change tout !
Il faudrait ajouter que d’un point de vue, non plus théorique, mais pratique, le Renouveau Charismatique a réaffirmé en notre temps d’une façon forte et je crois éloquente, qu’en éthique, il fallait donner la primauté à la grâce sur les sources proprement humaines de l’agir. Elle a aussi fortement affirmé, toujours de façon « pratique » la radicale transformation qu’opère la grâce dans les personnes. Une illustration claire en est la prière d’effusion de l’Esprit qui vise le renouvellement des grâces transformatrices du baptême et de la confirmation.
Le cadre historique et théologique étant posé, voici ma thèse :

Thèse : La catéchèse doit intégrer les signes par le biais du narratif et du témoignage 

Du début à la fin de la Bible, la Révélation apparaît comme un processus qui « comprend des événements et des paroles intimement unis entre eux, de sorte que les œuvres, réalisées par Dieu dans l’histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqués par les paroles, tandis que les paroles publient les œuvres et éclairent le mystère qu’elles contiennent. » DV n° 2. La constitution conciliaire ne fait que dire un fait qui est massif dans la bible. L’évangile de Jean le met bien en lumière quand Jésus dit : « Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez du moins à cause des œuvres » (Jn 14, 11). La première conclusion de Jean est également symptomatique : « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples beaucoup d’autres signes qui n’ont pas été relatés dans ce livre. Ceux-ci ont été mis par écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jn 20, 30-31). J’ajoute au dossier biblique la finale de Marc « Pour eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (Jn 16, 20).

En fait, dans la catéchèse, il faudrait distinguer deux séquences : le kérygmatique et le didactique.
Dans un contexte social et familial où la foi est pleinement vécue, le moment kérygmatique n’est pas nécessaire. Les enfants absorbant pour ainsi dire la foi avec le lait maternel, il suffit alors d’en déployer la richesse par le biais de l’enseignement didactique. Mais nous sommes aujourd'hui dans un contexte d’évangélisation. C’est ce que rappelle le récent Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France de la Conférence des évêques français : « Nous pensons nécessaire d’appeler résolument la catéchèse à se situer dans une volonté d’évangélisation » (p. 17). Du coup, si on prend ce passage au sérieux, on ne peut plus faire l’économie du kérygme – car qui dit « évangélisation » dit « kérygme ». Or celui-ci a pour objectif de faire connaître le Dieu chrétien, c’est-à-dire celui qui se révèle dans l’histoire des hommes, celui qui parle et qui opère comme des « césures » dans le cours de l’histoire des hommes, des césures qui font signe et qui corroborent le discours relayé par ses messagers – car autrement comment distinguer dans la cacophonie des multiples discours religieux, celui par lequel Dieu lui-même se communique à nous ? N’était-il pas logique que Dieu viennent en aide à notre faiblesse en nous donnant des signes pour nous aider à faire ce discernement et ainsi départager ce qui n’est que discours humain de ce qui est discours vraiment révélé par Lui ? Ceux qui prétendent le contraire, affirmant que le message chrétien a en lui-même une grandeur incomparable par rapport aux doctrines des autres religions, n’ont pas tort de mon point de vue. Mais ils peuvent le dire parce que leurs ancêtres dans la foi ont cru aux signes (Jn 20, 30-31). Tout le monde sait la prégnance des conditions familiales et sociales qui nous ont vus naître et qui nous donnent comme des lentilles à partir desquelles nous voyons la réalité. A tel point que quand on naît musulman ou hindou, changer de religion seulement à cause de ce que nous appelons une supériorité doctrinale n’est pas courant. Le Christianisme, on le sait, a commencé par s’étendre dans les couches les plus humbles de l’Empire Romain et dans un climat de grande concurrence religieuse, ce n’est pas parce que les gens d’alors étaient capables de passer au crible de la critique les différentes doctrines religieuses pour en discerner la meilleure. C’est plus prosaïquement à cause des signes prodigieux qui accompagnaient la prédication apostolique. La situation aurait-elle changée ? L’esprit critique ayant fait des progrès, les gens seraient capables de faire le tri ? L’actualité religieuse est loin de le manifester. A la vérité, le pluralisme religieux est plus que jamais un obstacle à la foi chrétienne et une source de perplexité et de relativisme pour nos contemporains.
 
Concrètement

Il me semble tout d’abord, dans la ligne des évêques de France, qu’il faut retrouver la narrativité : « Pour que les personnes soient introduites dans l’expérience de la Révélation, disent les évêques, la catéchèse “transmet les faits et les paroles de la Révélation : elle doit les proclamer et les raconter” »[15]. C’est clair, on doit proclamer les paroles et raconter les signes.
C’est extrêmement important que dans la catéchèse, on relate les signes accomplis par Jésus et les apôtres notamment non comme des contes pour enfants, mais comme des témoignages basés sur des faits réels. De plus en plus, on mesure l’importance de la narration et sa capacité à structurer la personnalité des personnes. Les récits d’une communauté façonnent le visage moral et spirituel des membres de cette communauté[16].
J’ajoute personnellement que, dans ce domaine comme en d’autres, il faut actualiser. A côté des signes opérés par le Christ il y a 2000 ans, il y a ceux qu’il accomplit en notre temps. Il me paraîtrait de bon aloi que, d’une façon « décomplexée » (pour utiliser un mot à la mode), nous puissions raconter aux catéchisés, enfants ou adultes, quelques-uns des miracles de Lourdes, ou visionner l’interview de Soeur Marie Simon-Pierre dont nous parlions au début, par exemple. Il me semble, dans cette optique, qu’il serait bon de faire une liste de signes contemporains les plus parlants afin qu’ils puissent servir d’illustrations à certaines leçons de catéchisme, en plus des récits bibliques bien sûr. Il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse de la situation actuelle en sombrant dans un merveilleux qui ne serait pas stimulant, mais engluant. St Jean nous a dit qu’il n’a pas tout raconté, mais qu’il a choisi des signes éloquents pour stimuler notre foi[17], faisons de même. J’ajoute enfin, que si dans la communauté paroissiale ou même dans le diocèse il y a des personnes qui ont reçu une grâce qui fait signe. Suite au discernement du curé ou de l’évêque (si c’est au niveau diocésain) et avec leur accord, elles pourraient donner leur témoignage dans des assemblées catéchétiques ou catéchuménales. On voit tout de suite la place que les membres du Renouveau Charismatique pourraient prendre dans un tel cadre.
Entre les récits bibliques et les témoignages contemporains, il y a aussi les récits de vies de saints et qu’il s’agit aussi de donner à lire, à entendre (CD), ou à voir (DVD) en complément des temps de formation catéchétique.


[1] Le pluriel est le fait de St Paul : 1 Co. 12, 9.
[2] Cf. Eva-Maria Faber « grâce » in Dictionnaire critique de Théologie, Yves Lacoste (dir.) Paris, PUF, 1998, p.502.
[3] C’est ainsi que l’évêque d’Hippone comprenait la justification de l’homme.
[4] Eva-Maria Faber, oc, p. 502.
[5]  Ibidem.
[6]  Ibidem.
[7] Freud S., L'avenir d'une illusion,( traduction française) Paris, PUF, 1971, p. 32-33. "Elles [les doctrines religieuses] sont toutes des illusions, indémontrables, nul ne saurait être contraint de les tenir pour vraies, d'y croire. Quelques-uns unes d'entre elles sont tellement invraisemblables, tellement en contradiction avec tout ce que notre expérience nous a péniblement appris de la réalité du monde, que l'on peut - tout en tenant compte des différences psychologiques - les comparer aux idées délirantes. On ne peut pas juger de la valeur de la réalité de la plupart d'entre elles. Tout comme elles sont indémontrables, elles sont irréfutables."
[8]  Cf. Philippe Coutant, « Le structuralisme et les sciences humaines », Google, en ligne :
 « Louis Althusser (dans Pour Marx et Lire le Capital, 1965) entreprend de soustraire Marx à une interprétation humaniste et historiciste en mettant l'accent sur les structures économiques et sociales dégagées par le Capital. Il développe une théorie de la praxis, de la pratique collective, comme processus de transformation sans sujet.
Jacques Lacan, dans ses Écrits (1966) proclame que ‘l'inconscient est structuré comme un langage!’, critique l'egopsychologie américaine qui vise à l'autonomie du sujet et souligne que ‘la découverte de Freud, c'est que l'Homme n'est pas tout à fait dans l'Homme : Freud n'est pas un humaniste!’.
Michel Foucault, dans les Mots et les choses (1966) voit lui aussi dans la mort de l'Homme et l'effacement du sujet le point d'aboutissement ultime des sciences humaines. »  
[9]  Il faut préciser que ce n’était pas du tout la pensée de S. Thomas, mais d’une scholastique qu’il faut bien appeler « décadente ».
[10]  De Lubac H., Petite catéchèse sur nature et grâce, Paris, Fayard, 198, p. 165-180.
[11]  Ibid, p. 166.
[12]  Ibid, p. 178.
[13]  Nietzsche, Le gai savoir, § 151.
[14] De Lubac, oc, p.  179.
[15] Les évêques citant eux-mêmes le Directoire général pour la catéchèse, n° 39.
[16] Cf. les travaux de Stanley Hauerwas et toute la problématique de l’éthique communautarienne. En traduction française, on a seulement de lui pour l’instant : Le Royaume de paix, une initiation à l’éthique chrétienne, Paris, Bayard, 2006.
[17] Jean 20, 30-31.

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Père A. Ransay
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