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Etudes et Réflexions
Propositions, expériences, reflexions, cours, etc...
Je voudrais commencer par situer notre recherche. Si vous prenez le catéchisme de l’Eglise catholique, ou plus encore l’encyclique Veritatis Splendor, vous verrez que la péricope du jeune homme riche est considérée comme emblématique de la démarche morale du chrétien (Mt 19, 16-22).  
Quand on analyse ses lettres et notamment Romain, Galates, Colossiens et Ephésiens, on constate un plan très simple : deux parties. La première traite du salut dont bénéficient les Chrétiens dans la personne du Christ dont ils sont devenus membres, et la seconde des conséquences morales de cette appartenance au Christ.  
St Thomas situe son traité de morale dans le cadre de la secunda pars de la somme. En fait, dans la Prima Pars, il était question du mouvement qui va de Dieu vers nous (exitus) : Etude de la Trinité, de la création. Le traité de la morale s’inscrit dans le mouvement de retour (reditus) comme si la morale était la réponse de l’homme à Dieu.  
Nous voulons dans cette section regarder du seul point de vue philosophique les actes humains. Il convient de dissiper les éventuels malentendus concernant cette notion d’acte humain. Ces actes que nous qualifions d’humains, nous voulons les distinguer des actes physiologiques comme respirer et dormir qui seraient plutôt des actes de l’homme. Nous voulons parler de ces actes où la volonté de l’homme est engagée.  
La moralité n’est pas une suite discontinue d’actes particuliers, elle est avant tout des lignes directrices qui sont « des manières de voir et des attitudes fondamentales justes qui commandent les actes particuliers »1. On pourrait parler des belles courbes de l’âme. Nous les appelons « vertus ». Nous les avons déjà définies avec saint Augustin dans un sens déjà chrétien.  
Guillaume d’Occam introduit une révolution morale de type copernicien au XIVe siècle. Avant lui la liberté gravitait autour du bien, désormais, c’est le bien qui gravite autour de la liberté. Il affirme que les réalités universelles comme le Bien, le Vrai, le Beau, etc. ne sont que des noms. D’où l’appellation de nominalisme.  
Luther arrive dans une époque déjà fortement marquée par le nominalisme. La liberté divine s’impose aux hommes par la loi qui définit le bien et le mal. L’évolution de l’Eglise de l’époque très marquée par l’eschatologie et particulièrement par les peines de l’enfer et du purgatoire pouvait créer chez des âmes inquiètes la peur de la damnation ou des peines du purgatoire d’où le développement des indulgences pour réduire ces dernières peines. Luther va réagir par un concept qui deviendra central  
Voici ce que Gilles Lipovetsky sociologue dit de sa situation de la morale aujourd’hui : « L’éthique fait florès, non le devoir impérieux partout et toujours ; nous sommes désireux de règles justes et équilibrées, non de renoncements à nous-mêmes ; nous voulons des régulations, non des sermons, des « sages » non des pères-la-pudeur ; nous appelons à la responsabilité, non à l’obligation de consacrer sa vie intégralement au prochain, à la famille ou à la nation.  
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